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DEPS Musée du Quai Branly

3es Journées d’Economie de la Culture

Le champ, les problématiques et les objets de l’économie de la culture et de la communication se sont sensiblement modifiés ces dernières années et suscitent une évolution des modes d’intervention publique. L’élargissement du domaine de l’économie de la culture revêt plusieurs aspects :

  • il résulte de la montée en puissance de l’économie de la connaissance, de l’information, de l’immatériel et de l’économie industrielle du numérique. L’économie de la culture a servi de laboratoire de la réflexion et des stratégies d’acteurs industriels et a vu ses frontières se déplacer ;
  • il s’appuie sur la créativité artistique qui a pu servir la création de valeur en dehors même des activités que l’on appelle traditionnellement culturelles, dans le design, la mode, les services numériques, etc. La créativité est devenue un facteur de croissance de l’ensemble de l’économie des services qui intègre le consommateur/producteur dans les chaînes de valeur ;
  • il dépend des phénomènes de mondialisation auxquels l’économie de la culture n’échappe pas, qu’elle s’en nourrisse ou s’en défende, et qui se traduit par les échanges de biens et services culturels, les capitaux et les mouvements liés au tourisme culturel, l’essor des réseaux.

Ces déplacements de frontières de l’économie culturelle, s’ils sont vérifiés, conduisent à réviser les problématiques, les méthodes, les objets, les enjeux de cette économie, voire à s’interroger sur son autonomie. La reconnaissance de l’importance des mécanismes économiques incite à adopter des méthodes relevant de l’économie générale, notamment industrielle, ou utilisées pour aborder les territoires de l’économie de l’immatériel, tandis que les interrogations sur les spécificités et les frontières du champ de l’économie de la culture se poursuivent autour de l’expression d’« industries créatives ».

Les mécanismes, les modes de gouvernance et de régulation de l’économie de la culture en Europe sont à la croisée des chemins : sont-il appelés à se développer pour favoriser un champ plus vaste de « la créativité » allant par exemple des métiers d’art aux services numériques, en passant par le design , la publicité, les jeux vidéo…, ou bien, au contraire, conduisent-ils à la dissolution des singularités de l’économie de la culture dans une économie plus générale d’économie de l’immatériel ?

Le dialogue entre chercheurs et acteurs économiques cherchera à éclairer ces questions et défis posés à l’ensemble des États membres de l’Union européenne, et à faire des propositions d’actions de politique économique culturelle, en particulier à l’égard des entreprises culturelles.